Le lac de Côme au centre de l’Afrique
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Pour mon premier week-end à Birambo, j’ai décidé d’aller visiter un peu la région, et je suis parti à Kibuye, sur le lac Kivu. Fidèle, le petit gars qui habite dans la colline en haut de l’école, m’avait dit qu’il n’avait jamais été à Kibuye de sa vie ! Donc je lui ai proposé de venir avec moi.
Pour info, Kibuye se trouve à 33 km de Birambo, par la route la plus courte… 33 km donc… Mais ce fut une énorme galère pour y arriver: les taxis-moto refusant de travailler (apparemment, ils n’avaient plus d’essence, moi je crois plutôt qu’ils voulaient boire des bières au bar en face…), on a dû prendre le bus qui nous a amené à Gitarama, à 40 km de Birambo mais… dans la direction opposée au lac ! Par route de cambrousse, ça donne environ 3h, serrés dans le petit bus, qui s’arrête tous les 800m. A tous les arrêts, forcément, les enfants viennent à ma fenêtre pour crier “Mzungu, mzungu”, puis ils courent derrière le camion. Des vendeurs d’eau de maïs grillé (voire cramé…) profitent de l’occasion pour vendre leur matos aux passagers.
Bref, 3h après, disais-je, on arrive enfin à Gitarama. Là, c’est une autre histoire pour trouver un bus qui va à Kibuye. La gare routière, c’est vraiment le folklore à 100%, avec des enfants qui jouent avec leur bâton à faire rouler une jante de roue de vélo, ou des manchots et autres égratignés par la vie, qui viennent réclamer quelques bouts de sambusa (beignets qui ressemblent étrangement aux samosas indiens…) aux passagers qui les ont achetés auparavant.
On arrive enfin à Kibuye, après 2 tempêtes pendant lesquelles j’ai bien cru qu’on allait y rester (franchement, les conducteurs ici sont des vrais pros: conduire à fond la caisse, avec une musique de ouf, sans phares, ni essuie-glaces, avec un rétro rafistolé, faut le faire !).
Je note l’heure: 15h53. Comme on est partis à 10h30 le matin, je vous laisse faire le calcul, et la vitesse moyenne, pour faire nos33 pauvres km…
Malheureusement, on a souffert pour pas grand chose: il pleut !
Par contre, on a vraiment la dalle: on se trouve tout de suite un ptit resto qui a l’air de rien, et on se prend 2 méga assiettes, et 2 bières, pour la modique somme de 2500 RWF (5 CHF) pour les 2 !!!
Par contre, en sortant sur la terrasse, je me dis que rien que la vue vaut 10 fois le prix !
Le lac Kivu est vraiment superbe, et la première chose à laquelle je pense, ce sont les grands lacs du Nord de l’Italie. Ca me rappelle les lacs de Garde, ou de Côme… Avec, en guest star, une végétation luxuriante !
Je croise aussi les premiers occidentaux depuis mon arrivée à Birambo. Et surtout, les premiers touristes depuis que je suis au Rwanda ! Béni soit ce pays, il n’y a pas (encore) de tourisme de masse, ce qui permet de garder des prix assez corrects, et d’éviter de se croire à Disneyland, comme c’est le cas à Venise par exemple (ok, ok, l’exemple est un peu extrême)…
On passe la nuit dans un couvent, pour quelques 7 CHF, et le matin, wowowo ! C’est vraiment trop beau !
Le ciel s’est dégagé, et on voit le Congo au loin ! Enfin, l’île au mileu du lac, qui appartient au Congo…
Y’a pas moyen, on va se faire un ptit dej au bord du lac !
Après donc un ptit dej pas mal, je veux aller faire quelques longueurs. Mais Fidele ne sait pas nager, et pas moyen de le faire rentrer dans l’eau…
Donc, pour ne pas le faire attendre sur la plage, je prends mon mal en patience: j’ai toute une année pour revenir profiter de cette eau limpide (et pas du tout utilisée: personne ne se baigne, ici !!!!)
On se promène dans les collines au village, et à l’école, ou on rencontre 2 gamins qui jouent avec leurs chèvres, et après quelques heures, on reprend un bus direction Birambo. Cette fois-ci, y’a pas moyen: on s’arrete à Rambura, et on prend des motos !
Mais le sort s’acharne: pas une moto à l’horizon…
Donc on commence à descendre à pied jusqu’à Birambo. La route de 19km à travers les collines est finalement assez cool. On croise des gens qui me regardent comme si j’étais un fantôme. Je leur dit bonjour en Kinyrwanda. Grave erreur, ils assument que je parle couramment leur langue ! Donc je leur dit de se calmer, et Fidele traduit.
Ils me demandent tous si je suis perdu, et où est-ce que je veux aller. Ils ne comprennent vraiment pas ce qu’un Mzungu fait par là
Dans les collines, on entend à 300 m. des mamans qui appellent leurs enfants, pour leur dire qu’il y a un Mzungu. En fait, j’ai vraiment l’impression d’être un animal au zoo, un de ceux qui sont en voie d’extinction et qu’on voit peut-être pour la dernière fois !
Les enfant courent vers la route en criant et en riant. Par contre, en arrivant devant moi, ils ne disent plus rien, ils sont tétanisés… Ils ne répondent même pas à mes “Bonjour” en kinya… Ce n’est que 2 minutes plus tard, quand je suis loin, qu’il recommencent à rire et à crier “Mzungu, mzungu !!!”. Comme si le temps s’était figé, comme dans un film au ralenti, qui repart ensuite de plus belle
Après 2h30 de marche, on arrive au village, et la pluie commence ! Ouf, on l’a échappée belle !
Par contre, je n’ai pas échappé à un méga coup de soleil, qui mettra une semaine à partir, à grands coups de Biafine (merci Lolo et Cycou !)

Vue depuis l'auberge
- Vue depuis l'auberge
- Comme un oiseau sur la branche...
- Wow !
Vivement mon retour à Kibuye !
Comments (8)
Feb 13 2009






